Mort cérébrale & statistiques

Cela fait bientôt 6 mois que « Métier : éditeur » existe : l’occasion de faire un bilan, et d’en tirer les conclusions qui s’imposent.

Le but premier de ce lieu était de vous offrir un regard multiple sur la micro-éditions, en confrontant des points de vue différents, des expériences variées, des angles d’approche originaux…

C’est un peu raté, vu que depuis des mois nous n’étions plus que 2 à alimenter ce blog.

Aussi, je déclare officiellement le blog « Métier : éditeur » en état de mort cérébrale. Temporaire ? Définitive ? Je ne sais pas. Il restera ouvert, y compris aux commentaires, et peut-être un jour l’aventure reprendra-t-elle. 🙂

Pour ma part, comme j’ai toujours envie de vous faire partager ma passion pour ce drôle de milieu, je suis en train de lancer le blog de Griffe d’Encre. Vous y retrouverez la suite de mes billets, entre autres choses, mais le regard « unique » (même si toute l’équipe griffée est conviée à écrire) sera clairement annoncé dès le départ : il ne s’agira pas d’un blog de micro-édition, mais du blog d’un micro-éditeur en particulier.

Merci à vous tous qui êtes venus lire nos billets 🙂

Avant de nous quitter, je vais suivre une tradition que j’aime beaucoup chez les blogueurs et vous faire part des recherches Google les plus bizarres ayant mené des internautes jusqu’ici au cours de ces 6 derniers mois. ^^
Précision : je vous les livre telles quelles, non corrigées, et non commentées, juste pour  vous faire sourire. 🙂

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Le Délai par l’exemple

Je vous en ai déjà parlé : dans la micro-édition, les délais sont longs. Parfois très longs.
Quoi de mieux qu’un exemple pour vous le montrer.

Le mois prochain va paraître chez Griffe d’Encre notre 5e roman, Loar.

Coïncidence amusante, Loar est le 5e roman que nous ayons reçu, en 2006 – à nos débuts.
Il est le premier roman que nous avons accepté, peu de temps après sa soumission.
Alors pourquoi en avoir déjà publié 4 autres, et surtout pourquoi autant de temps (plus de 5 ans) entre l’acceptation et la parution ? Lire la suite

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Traduction ou francophone ?

Telle est la question, et voici quelques éléments – personnels – de réponse.

Chez Griffe d’Encre, nous privilégions la découverte de nouveaux auteurs francophones. C’était notre but en créant cette structure, et nous n’en avons pas dévié. La très grande majorité de notre catalogue est donc issue d’auteurs français, belges et suisses.
Cependant, nous avons toujours dit que nous ferions sans doute un peu de traduction également. Nous avons à ce jour tenté l’aventure 3 fois pour des nouvelles en anthologie (Graham Joyce, Bruce Holland Rogers), et 1 fois pour un roman très atypique de James Lovegrove, GiG.

Quels sont les avantages ou les inconvénients à publier des traductions ?

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Faut pas être fatigué

Festival du livre de Mouans-Sartoux, 2 octobre 2010, 10h

Nous sommes sur le stand Griffe d’Encre, prêts à accueillir les premiers visiteurs.

Une dame d’un certain âge arborant un air revêche s’arrête devant un de nos livres porteur d’un bandeau signalant un prix 2009, et grommelle : « Non, le livre 2009, ça m’intéresse pas, je veux le 2010 ».
Comme on a aussi un livre lauréat de ce prix en 2010, je le lui désigne.

Elle et son air revêche le regardent, puis, tout en repartant doucement vers le stand d’à côté :
« Ah, c’est ça, les livres 2010 ? Y en a pas beaucoup, faut pas être fatigué, pour écrire… »
Et, hop, partie.

C’est aussi pour ce genre de « rencontres » que j’aime les salons. ^^

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Les retours : la mort du micro-éditeur

Les retours sont une spécificité du milieu du livre, dont les micro- (et petits) éditeurs se passeraient volontiers.

Bien souvent, lorsqu’un libraire commande des ouvrages à un éditeur, il se réserve la possibilité de lui retourner les invendus au bout d’un certain temps. En général, 3 mois, mais ça peut être beaucoup plus long, et donc inattendu pour l’éditeur.

Pour certains libraires ou grosses structures, le micro-éditeur n’a pas vraiment la possibilité de râler. Pour d’autres, il peut négocier de la vente ferme sans retours, auquel cas le libraire sera souvent nettement plus frileux et sa commande très réduite. Voire inexistante. Lire la suite

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Maman les p’tits bateaux

Chez Argemmios, on publie pour les grands, mais pas que. On a aussi la collection Bouts d’Cailloux, destinée aux enfants.

J’ai du mal à employer l’étiquette « jeunesse » pour définir cette collection, car le terme est trop imprécis et trop vaste, à mes yeux. Nos ouvrages ne sont pas destinés aux collégiens, aux adolescents, mais aux plus petits : les enfants de maternelle et de primaire (selon le cas).

Nos titres sont développés avec des enfants et/ou des instituteurs et/ou des parents. Avant qu’il ne sortent en librairie, nous nous assurons soigneusement de leur adéquation avec le public cible. D’ailleurs, certains d’entre eux sont utilisés par des écoles, et même parfois par des psychologues pour enfants. Souvent, nous rencontrons des parents qui viennent témoigner de combien leur fils ou leur fille aime celui de nos livres qu’ils lui ont offert. Parfois, ce sont les enfants eux-mêmes qui nous l’expriment. On reçoit même des dessins envoyés par des classes…

Et puis, parfois, nos commerciaux, qui cherchent à nous faire connaître, à nous faire exister en librairie, approchent un nouveau libraire pour lui présenter nos ouvrages. Un libraire du rayon adéquat, bien sûr. Vous savez, ce genre de rayon où l’on trouve surtout du produit dérivé de dessin animé sous license. Et là, après un coup d’oeil aussi vague que bref, le libraire de déclarer : « ce n’est pas adapté aux enfants. »

Après on se demande pourquoi il y a des empreintes de mur sur mon crâne…

Alors oui, ils ont le droit de refuser de travailler un titre. Ils ont le droit de ne pas aimer la couverture, ou l’histoire (encore faut-il qu’ils aient pris le temps de la lire), de préférer mettre en rayon uniquement des valeurs sûres, etc. On le sait, que la conjoncture est difficile, on galère assez pour ne pas feindre de l’ignorer. Mais zut, quoi, ne venez pas nous dire qu’une paire de chaussettes taille 28 tricotée avec soin n’est pas adaptée pour les pieds taille 28, parce que là, c’est limite insultant.

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Zoom sur l’impression numérique

L’impression numérique, c’est quoi ?

C’est la technologie qui nous permet d’exister, nous, micro-éditeurs, en nous offrant la possibilité d’imprimer nos ouvrages en petites quantités. En général, il s’agit de quelques centaines, mais on peut également imprimer à la demande, à l’unité s’il le faut.

Bien entendu, le prix unitaire du livre sera plus élevé que lors d’une impression offset à des (dizaines de) milliers d’exemplaires, et c’est la raison pour laquelle les livres d’un micro-éditeur sont souvent plus chers que ceux d’un gros. Lire la suite

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Heures indues

Micro-éditrice n’ayant pas les moyens de prendre un abonnement téléphonique spécifique pour la maison d’édition (il n’y a pas de petites économies), je me suis retrouvée contrainte de donner mon numéro personnel à mes clients libraires (du temps où j’étais auto-diffusée), et de le faire figurer sur mon papier à en-tête et tout ce qui exige des mentions légales et des coordonnées.

L’anecdote s’est produite un soir. Imaginez : il est déjà plus de 21 h, les enfants sont couchés, le téléphone sonne, je réponds en pensant qu’il s’agit d’un membre de la famille, ou d’un ami intime… Lire la suite

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Le commercial, c’est sale

C’est en tout cas une vision assez répandue, entre autres dans le petit monde de l’Imaginaire. Bragelonne (aka Antéchrist n°1, d’après l’excellentissime Dictionnaire Troll de la Nouvelle SF Française) en particulier, qui a l’immense tort d’être le plus gros éditeur du milieu et de traduire beaucoup de best-sellers anglosaxons, se fait assez traiter de tous les noms sur les forums et les listes de discussion pour le savoir (le pire de ces noms, justement, étant « commercial » ^^).

Le clivage littérature dite « blanche » / SFFF (science-fiction, fantastique, fantasy = Imaginaire = SF au sens large) laisse à croire aux non-initiés que la SF est un sous-genre, une sorte de sous-littérature pour ados boutonneux. Qu’on en lise quand on a 12 ans, c’est normal. À 20 ans, c’est déjà mal vu. À 40 ans, c’est un motif de divorce, et certains évitent de le mentionner dans la section loisirs de leur CV.
Eh bien, c’est très con, je trouve, mais alors que les lecteurs de SF sont les premiers à souffrir de cette discrimination, beaucoup sont prompts à la reproduire en distinguant à la hache les éditeurs dits « commerciaux », publiant pour la plupart de l’heroic fantasy anglosaxonne assimilée sans nuances à de la sous-littérature bouseuse pour ados boutonneux au QI contrarié – paf ! lecteur d’heroic fantasy, ramasse ta bouse, tes boutons et ton QI –, des éditeurs passionnés, nobles, qui ne s’abaisseraient jamais à publier une œuvre, même bonne, s’ils ne l’aimaient pas au plus profond de leur petit cœur pur et désintéressé. Les premiers sont copieusement hués, les deuxièmes encensés.

C’est un peu rapide. Et simpliste. Et injuste.

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La politesse est à l’esprit ce que la grâce est au visage (Voltaire)

Un court billet, ce jour, destiné aux auteurs qui nous adressent des manuscrits. Cette fois-ci, je ne parlerai pas de la lettre d’accompagnement, mais je vais rester dans le registre de la communication.

Il est parfaitement légitime d’envoyer son manuscrit à plusieurs éditeurs en même temps. Est-il prudent de signer avec le plus rapide à répondre par la positive ? De cela, je ne débattrai pas. En revanche, il est souhaitable, et plus courtois, une fois qu’on a décidé de signer avec un éditeur, de prévenir les autres éditeurs, ceux qui ont le manuscrit en lecture et qui n’ont pas encore répondu. Lire la suite

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