La politesse est à l’esprit ce que la grâce est au visage (Voltaire)

Un court billet, ce jour, destiné aux auteurs qui nous adressent des manuscrits. Cette fois-ci, je ne parlerai pas de la lettre d’accompagnement, mais je vais rester dans le registre de la communication.

Il est parfaitement légitime d’envoyer son manuscrit à plusieurs éditeurs en même temps. Est-il prudent de signer avec le plus rapide à répondre par la positive ? De cela, je ne débattrai pas. En revanche, il est souhaitable, et plus courtois, une fois qu’on a décidé de signer avec un éditeur, de prévenir les autres éditeurs, ceux qui ont le manuscrit en lecture et qui n’ont pas encore répondu.

Un simple mail :  » Mon manuscrit a été retenu par les éditions XXX et j’ai décidé d’accepter leur proposition  » permet de transmettre l’information au Comité de Lecture, dont les membres retireront le manuscrit de leur pile à lire (souvent conséquente, ce qui en soi explique déjà le long délai de traitement et de réponse).

Il a été débattu par ailleurs de la légitimité pour un micro-éditeur d’employer ou pas le mot « métier » afin de qualifier son activité. Cela dépend, évidemment, du sens que l’on accorde à ce vocable. Nous l’entendons, nous, dans le sens de « savoir faire ». Mais si l’on désigne par là une activité rémunératrice justifiée par des bulletins de salaire ou un contrat de travail, alors oui, le micro-éditeur passionné n’est pas éditeur de métier car il ne gagne rien du tout, ne se paie aucun salaire, pas la moindre indemnité, et est contraint d’avoir à côté, pour survivre, manger et se loger, un emploi alimentaire. Et c’est malheureusement cet emploi alimentaire qui va le qualifier aux yeux de l’Administration (moi, par exemple, je suis officiellement employée de bureau et opératrice de saisie en télétravail, et pourtant, à mes yeux, ce n’est pas ça mon vrai métier. Je suis écrivain et éditrice, mais comme je ne me paie pas de salaire en tant qu’éditrice, et comme je gagne pas assez au titre des droits d’auteur annuels, en tant qu’écrivain, pour satisfaire aux minima de l’Agessa, je suis privée de tout statut).

Ceci étant posé, vous comprendrez mieux, je pense, pourquoi le micro-éditeur n’a absolument pas les moyens de gaspiller le peu de temps dont il dispose. Et ceci vaut aussi pour les membres du Comité de Lecture (ce qui explique aussi les longs délais de traitement et de réponse, d’autant qu’on préfère avoir plusieurs avis de lecture avant de décider de refuser ou retenir un manuscrit).

Merci d’en tenir compte, et de penser à propager la bonne nouvelle, la prochaine fois qu’un de vos manuscrits sera retenu pour publication.

En plus, le micro-éditeur « écarté » vous répondra probablement par des félicitations, alors pourquoi s’en priver ? 😉

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A propos argemmios

Auteur de Fantasy et de Fantastique, maintenant et à jamais. Anthologiste, aussi, puis éditrice depuis la création des éditions Argemmios : http://www.argemmios.com Parce que l'Histoire et les histoires, les grands mythes, le folklore, mes deux pieds dans la terre, mes mains enracinées aussi, et cet oeil qui a vu, ce corps qui a senti ce que la science ne sait pas.
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4 commentaires pour La politesse est à l’esprit ce que la grâce est au visage (Voltaire)

  1. darboria dit :

    C’est vrai que ce n’est pas quelque chose à laquelle un écrivain va penser, lorsqu’il accepte de travailler avec une maison en particulier ! Voilà un conseil que je vais garder en tête ! (J’aime bien recevoir des félicitations 😉 )

  2. Oph dit :

    À vrai dire, c’est au contraire le genre de truc auquel je vais penser tout de suite. En revanche, la bonne nouvelle, je ne la propagerai que lorsque j’aurai définitivement accepté la proposition de l’éditeur : on n’est pas sûr, lorsqu’arrive la première lettre d’acceptation, que ça va vraiment se faire. Mais une fois d’accord, oui, bien sûr qu’il relève de la courtoisie élémentaire d’en informer les autres éditeurs auxquels on avait soumis le manuscrit !
    Sauf ceux qui l’avaient déjà refusé, ça va de soi.

    J’ai d’ailleurs envoyé mon premier mail de ce type pas plus tard que la semaine dernière. 😀

  3. ClaudeL dit :

    Je l’ai fait aussi, je trouvais ça tout naturel. Du moins à ceux qui ne m’avaient pas encore envoyé de lettre de refus!
    Peut-être parce que j’ai aussi travaillé en édition. Et oui, soyez fière de dire que vous exercez un métier.

  4. Luciole dit :

    Il semble édivent que prévenir les éditeurs que son manuscrit est pris ailleurs est la politesse. cependant pour les auteurs dont le bureau (sur l’écran du PC) ressemble aux ruelles médiévales de Paris un jour du marché, il semble aussi que l’organisation ne soit pas leur point fort. Il est possible également qu’un auteur puisse écrire dans différents genres et envoie ses manuscrits à des éditeurs ciblés certes mais finalement nombreux (deux éditeurs par genre de manuscrit). Si cet auteur manque d’organisation (absence d’agenda pour noter les envois, les réponses, etc…), il faut parler de brouillon et non d’impolitesse. Enfin, je parle pour moi évidemment. Toutefois je crois prévenir un éditeur quand le manuscrit est pris ailleurs, mais il se peut qu’un oubli arrive.
    J’en profite également pour féliciter le travail des micro-éditeurs dans leur ensemble. Ce sont les seuls qui prennent des risques et qui font découvrir de nouveaux auteurs et parfois de nouveaux talents. Et grâce à eux, chaque auteur qui envoie son manuscrit rêve un peu en attendant la réponse. Et l’espoir n’a pas de prix.

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