Heures indues

Micro-éditrice n’ayant pas les moyens de prendre un abonnement téléphonique spécifique pour la maison d’édition (il n’y a pas de petites économies), je me suis retrouvée contrainte de donner mon numéro personnel à mes clients libraires (du temps où j’étais auto-diffusée), et de le faire figurer sur mon papier à en-tête et tout ce qui exige des mentions légales et des coordonnées.

L’anecdote s’est produite un soir. Imaginez : il est déjà plus de 21 h, les enfants sont couchés, le téléphone sonne, je réponds en pensant qu’il s’agit d’un membre de la famille, ou d’un ami intime… Lire la suite

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Le commercial, c’est sale

C’est en tout cas une vision assez répandue, entre autres dans le petit monde de l’Imaginaire. Bragelonne (aka Antéchrist n°1, d’après l’excellentissime Dictionnaire Troll de la Nouvelle SF Française) en particulier, qui a l’immense tort d’être le plus gros éditeur du milieu et de traduire beaucoup de best-sellers anglosaxons, se fait assez traiter de tous les noms sur les forums et les listes de discussion pour le savoir (le pire de ces noms, justement, étant « commercial » ^^).

Le clivage littérature dite « blanche » / SFFF (science-fiction, fantastique, fantasy = Imaginaire = SF au sens large) laisse à croire aux non-initiés que la SF est un sous-genre, une sorte de sous-littérature pour ados boutonneux. Qu’on en lise quand on a 12 ans, c’est normal. À 20 ans, c’est déjà mal vu. À 40 ans, c’est un motif de divorce, et certains évitent de le mentionner dans la section loisirs de leur CV.
Eh bien, c’est très con, je trouve, mais alors que les lecteurs de SF sont les premiers à souffrir de cette discrimination, beaucoup sont prompts à la reproduire en distinguant à la hache les éditeurs dits « commerciaux », publiant pour la plupart de l’heroic fantasy anglosaxonne assimilée sans nuances à de la sous-littérature bouseuse pour ados boutonneux au QI contrarié – paf ! lecteur d’heroic fantasy, ramasse ta bouse, tes boutons et ton QI –, des éditeurs passionnés, nobles, qui ne s’abaisseraient jamais à publier une œuvre, même bonne, s’ils ne l’aimaient pas au plus profond de leur petit cœur pur et désintéressé. Les premiers sont copieusement hués, les deuxièmes encensés.

C’est un peu rapide. Et simpliste. Et injuste.

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La politesse est à l’esprit ce que la grâce est au visage (Voltaire)

Un court billet, ce jour, destiné aux auteurs qui nous adressent des manuscrits. Cette fois-ci, je ne parlerai pas de la lettre d’accompagnement, mais je vais rester dans le registre de la communication.

Il est parfaitement légitime d’envoyer son manuscrit à plusieurs éditeurs en même temps. Est-il prudent de signer avec le plus rapide à répondre par la positive ? De cela, je ne débattrai pas. En revanche, il est souhaitable, et plus courtois, une fois qu’on a décidé de signer avec un éditeur, de prévenir les autres éditeurs, ceux qui ont le manuscrit en lecture et qui n’ont pas encore répondu. Lire la suite

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Sans vous…

Sans vous, auteurs, qui nous confiez vos bébés et travaillez main dans la main avec nous pour les amener jusqu’à la publication,

Sans vous, illustrateurs magiciens, qui transformez les mots en images, parfois pour des clop(inett)es,

Sans vous, lecteurs du livre fini, qui estimez que nos livres valent la peine d’être achetés, lus, commentés, recommandés, prêtés – ou le contraire, mais toujours avec passion,

Nous n’existerions pas. Lire la suite

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Auto ? Mobiles…

Lorsque j’ai créé les éditions Argemmios, j’ai tout de suite lancé plusieurs appels à textes. Du thématique afin de composer la première anthologie (cette série Périples Mythologiques étant d’ailleurs à la source de la création de la maison d’édition), du libre d’inspiration (dans la limite de la ligne éditoriale) afin de nourrir le catalogue. Sur le papier, celui-ci n’était pas tout à fait vide : j’avais dans ma corbeille la version pré-dir lit de Flammagories (Collectif), une promesse de roman de la part d’un auteur que j’aime beaucoup (mais qui n’a pas encore finalisé ce bébé-là, d’ailleurs Philippe, si tu me lis…), un ovni composé par un artiste belge, rencontre des mots et de l’image, pour lequel j’attends d’ailleurs les images (Alain joli, remember me), une promesse de roman morcellé (concept sur lequel je reviendrai dans un autre billet) qui semble, finalement, en dormition, et un projet de BD qui avance, petit à petit, et qu’on espère boucler pour 2012. Lire la suite

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Comment un projet scolaire peut changer une vie…

Mille SaisonsC’était il y a six ans, nous étions alors quatre étudiantes à la recherche d’un projet à réaliser pour finir brillamment notre année. Rien de bien folichon, il fallait faire « comme si », réaliser une étude financière technique, marketing… Bref apprendre la vie pour de faux.
Bien évidemment, monter une maison d’édition même pour de faux nous a tout de suite semblé d’une logique implacable et nous voilà à réfléchir à notre ligne éditoriale et à rencontrer des gens dont c’est le métier.
Très vite une réalité s’impose : la littérature, c’est très vaste, et pour commencer il nous faut une niche… oui mais laquelle ? Petite concertation, entrevue avec un directeur commercial qui se reconnaitra et hop, trouvé : ce sera l’Imaginaire ! Lire la suite

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Tu es né d’une étoile

Festival de Mouans-Sartoux, 3 octobre 2010, quelque part dans l’après-midi

3e jour de salon. Il fait chaud, il fait soif, il fait aussi très envie de rentrer chez soi.

Un vieux monsieur s’arrête sur notre stand, regarde nos livres et se met à nous entretenir de poésie. Nous lui avouons notre ignorance à ce propos. La seule chose que je sais, c’est que pour se faire publier à compte d’éditeur en poésie à l’heure actuelle, c’est la croix et la bannière.
Je lui parle cependant des Souffleurs : ce n’est pas de l’édition, mais cela peut l’intéresser.

Pour nous remercier de notre attention, le vieux monsieur nous récite un de ses poèmes, après nous avoir demandé avec une timidité touchante si nous sommes d’accord.

De son poème, je n’ai retenu que ce vers, qui revenait sans cesse : Tu es né d’une étoile, mais tu n’es qu’un enfant.
Mais pendant cette poignée de secondes, je n’avais plus soif, je n’avais plus chaud, je n’avais plus envie de rentrer chez moi, et le vieux monsieur était lui-même redevenu enfant, des étoiles plein les yeux…

C’est aussi pour ce genre de rencontres que j’aime les salons.

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