Maman les p’tits bateaux

Chez Argemmios, on publie pour les grands, mais pas que. On a aussi la collection Bouts d’Cailloux, destinée aux enfants.

J’ai du mal à employer l’étiquette « jeunesse » pour définir cette collection, car le terme est trop imprécis et trop vaste, à mes yeux. Nos ouvrages ne sont pas destinés aux collégiens, aux adolescents, mais aux plus petits : les enfants de maternelle et de primaire (selon le cas).

Nos titres sont développés avec des enfants et/ou des instituteurs et/ou des parents. Avant qu’il ne sortent en librairie, nous nous assurons soigneusement de leur adéquation avec le public cible. D’ailleurs, certains d’entre eux sont utilisés par des écoles, et même parfois par des psychologues pour enfants. Souvent, nous rencontrons des parents qui viennent témoigner de combien leur fils ou leur fille aime celui de nos livres qu’ils lui ont offert. Parfois, ce sont les enfants eux-mêmes qui nous l’expriment. On reçoit même des dessins envoyés par des classes…

Et puis, parfois, nos commerciaux, qui cherchent à nous faire connaître, à nous faire exister en librairie, approchent un nouveau libraire pour lui présenter nos ouvrages. Un libraire du rayon adéquat, bien sûr. Vous savez, ce genre de rayon où l’on trouve surtout du produit dérivé de dessin animé sous license. Et là, après un coup d’oeil aussi vague que bref, le libraire de déclarer : « ce n’est pas adapté aux enfants. »

Après on se demande pourquoi il y a des empreintes de mur sur mon crâne…

Alors oui, ils ont le droit de refuser de travailler un titre. Ils ont le droit de ne pas aimer la couverture, ou l’histoire (encore faut-il qu’ils aient pris le temps de la lire), de préférer mettre en rayon uniquement des valeurs sûres, etc. On le sait, que la conjoncture est difficile, on galère assez pour ne pas feindre de l’ignorer. Mais zut, quoi, ne venez pas nous dire qu’une paire de chaussettes taille 28 tricotée avec soin n’est pas adaptée pour les pieds taille 28, parce que là, c’est limite insultant.

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A propos argemmios

Auteur de Fantasy et de Fantastique, maintenant et à jamais. Anthologiste, aussi, puis éditrice depuis la création des éditions Argemmios : http://www.argemmios.com Parce que l'Histoire et les histoires, les grands mythes, le folklore, mes deux pieds dans la terre, mes mains enracinées aussi, et cet oeil qui a vu, ce corps qui a senti ce que la science ne sait pas.
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Un commentaire pour Maman les p’tits bateaux

  1. Oph dit :

    Rageant, ça. Un peu comme un éditeur soigneusement ciblé pour l’adéquation entre sa ligne éditoriale et le manuscrit qu’on lui envoie, qui répondrait à une soumission spontanée par un lapidaire « ne correspond pas à notre ligne éditoriale ».
    Ce qui me fait penser que ça ne m’est jamais arrivé, tiens. Même les plus succincts de mes refus ne contenaient pas ce mensonge éhonté. En général, ça donne plutôt « la sélection est très sévère, aussi ne retenons-nous pas votre manuscrit ».

    Alors, si les éditeurs se calment sur les prétextes foireux, pourquoi pas les libraires ?
    (parce que les chaussettes tricotées, ça gratte, et puis c’est trop nul, y’a même pas Hello Kitty dessus, d’abord ?)

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