Zoom sur l’impression numérique

L’impression numérique, c’est quoi ?

C’est la technologie qui nous permet d’exister, nous, micro-éditeurs, en nous offrant la possibilité d’imprimer nos ouvrages en petites quantités. En général, il s’agit de quelques centaines, mais on peut également imprimer à la demande, à l’unité s’il le faut.

Bien entendu, le prix unitaire du livre sera plus élevé que lors d’une impression offset à des (dizaines de) milliers d’exemplaires, et c’est la raison pour laquelle les livres d’un micro-éditeur sont souvent plus chers que ceux d’un gros.
Mais il ne s’agit pas d’un choix. Aussi bien d’un point de vue financier que logistique, on ne peut pas se permettre d’imprimer 3000 exemplaires d’un ouvrage dont seulement 500 partiront en 2 ans. On n’a ni la trésorerie pour les 3000, ni la place pour les stocker, car le micro-éditeur n’ayant pas de bureau, et souvent pas de distributeur, il stocke tout ou partie de ses livres chez lui.

Alors on imprime à 100, 300, 500. Et s’il le faut, on réimprime, dans les mêmes quantités.

Il peut arriver qu’on atteigne 1000, 2000 exemplaires, si un livre marche bien, au bout de 4 ou 5 réimpressions. Il aurait été dans ce cas beaucoup plus intéressant financièrement d’imprimer 2000 exemplaires en une fois, et en offset plutôt qu’en numérique. Mais, outre qu’aucun micro-éditeur ne dispose de boule de cristal suffisamment fiable pour prévoir ce genre de « best-seller » (eh oui ! à notre échelle, 1000 exemplaires vendus, c’est magnifique, et pour 2000, c’est tout bonnement magique), les questions de trésorerie et de stockage évoqués plus haut restent les mêmes.

Comment se calcule un coût d’impression ?

On distingue habituellement les frais fixes des frais variables.

  • Dans les frais fixes, on regroupe :
    • les frais de mise en bibliothèque des fichiers, qui comportent les manipulations de l’imprimeur pour rendre les fichiers conformes ou compatibles. Habituellement il y a un fichier pour la couverture et un fichier pour l’intérieur du livre. Ces frais ne seront pas comptabilisés lors d’une réimpression, les fichiers étant gardés par l’imprimeur ;
    • Les frais fixes d’impression, qui comprennent notamment la manutention et le réglage de la brocheuse. Ces frais-là sont comptés lors d’une réimpression ;
  • ensuite il y a les frais variables, dépendant du tirage, mais pas du nombre de pages :
    • le coût d’impression des couvertures, qui va dépendre du papier choisi et du type de couverture (N&B ou quadri, recto simple ou recto/verso…) ;
    • celui du pelliculage des couvertures si cette option est choisie ;
    • celui de l’impression et de la découpe des marque-pages si marque-pages il y a (en général l’impression est gratuite car le marque-page est imprimé en même temps que la couverture, mais la découpe peut être payante) ;
  • puis les frais variables qui dépendent du nombre de pages :
    • le coût par page, qui dépend également du papier choisi ;
  • et enfin les frais de livraison, qui peuvent être nuls si l’éditeur vient chercher ses livres lui-même, et qui sinon sont plus ou moins proportionnels à la distance et au poids (le mode de calcul est très variable d’un imprimeur à l’autre).

Voilà pour les frais les plus courants concernant un livre « classique ».

Dans le cas d’un livre comprenant des pages couleurs, le coût peut également prendre en compte, outre le nombre de pages couleurs, la façon dont elles sont insérées : nombre de points d’insertion, emplacement précis ou aléatoire, etc.

Tout cela fait que le coût d’impression d’un livre, contrairement à ce qu’on pourrait croire, n’est que peu dépendant de son volume. Imprimer 300 exemplaires d’un livre de 100 pages revient à beaucoup plus que la moitié du coût d’impression de 300 exemplaires d’un livre de 200 pages.

Ce sera ensuite à l’éditeur, en fonction des devis reçus, de décider du tirage initial, sachant que s’il imprime trop peu et doit réimprimer vite ou souvent, il perd de l’argent (à cause des frais fixes et de livraison), mais que s’il imprime trop, il peut avoir des problèmes de trésorerie, se retrouver avec un stock inécoulable sur les bras, et ne pas rentrer dans ses frais.

Ah, la douce euphorie des chiffres…

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A propos Menolly

Cocréatrice des éditions Griffe d'Encre en 2006, je dirige la collection Novella, et codirige les Romans avec Magali. Je suis également gérante de la société, webmastrice du forum, du site et de la boutique, correctrice, maquettiste, et chargée de la fabrication des livres griffés. Le repassage, par contre, c'est pas mon truc.
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14 commentaires pour Zoom sur l’impression numérique

  1. Julien dit :

    Merci pour cet article très intéressant et qui, comme tout ce qui est expliqué clairement, génère quelques question: l’impression numérique est plus chère certes, mais est-ce que l’absence de frais de distributeurs et/ou de grossistes dans ton modèle ne compense pas les couts d’impression plus élevés? Est-ce que tu as essayé de passer par des services d’impression numérique en ligne comme Lightning Source? Merci encore de lever un coin du voile pour nous!

  2. Menolly dit :

    Lightning Source est très bien quand on imprime à la demande, mais du coup ça revient beaucoup plus cher à l’exemplaire que l’impression par lots de 200 ou 300. C’était par eux que je passais pour les anthologies quand je travaillais chez Parchemins & Traverses, ça nous permettait d’imprimer par 20 ou 30 exemplaires. Dans le cas de P&T, c’était vraiment ce qu’il fallait : nous n’avions aucun intermédiaire, vente seulement en ligne et sur les salons, et c’était du fanzinat, sans rémunération des auteurs et illustrateurs. Donc malgré le prix très élevé de l’impression, on pouvait se permettre un prix abordable pour le livre fini.
    Pour ta question précédente : en fait, depuis le début GdE passe pour l’essentiel de ses ventes par des libraires, même si nous n’avons pas toujours eu de distributeur. Lorsqu’on négocie directement avec le libraire, on lui accorde une marge plus élevée que ne le ferait un distributeur. Donc en fait on n’économise que 10% ou 15% par rapport à la présence d’un distributeur, différence qui est souvent absorbée rien que par le coût d’impression plus élevé. Tu rajoutes les frais liés à l’envoi (cartons, enveloppes, timbres, déplacements), à l’illustration, même si on paye moins qu’un gros éditeur (100 ou 200€ représentent un % bien plus important sur un livre tiré à 300 exemplaires que 500€ sur un livre à 10 000 exemplaires), … et tu constates, dépité, que malgré l’absence de diffuseur-distributeur, tu ne peux pas t’aligner sur les prix d’un gros éditeur.
    Bon, j’ai un billet en cours de rédaction sur la répartition de la galette entre les différents acteurs de la chaîne du livre, ça sera peut-être plus clair 🙂

  3. Fanfan dit :

    J’habite au Québec et j’ai publié un livre pour les enfants à compte d’auteur et un deuxième en auto-édition.
    En auto-édition je n’ai eu pas à payer pour le travail de mise en page et de demande de dépôt légal, de plus je ne paie pas un certain pourcentage à la maison d’édition pour chaque vente de livre.
    Cependant la difficulté quand on fait tout par soi-même, on doit « porter tous les chapeaux» : Auteur, illustrateur, infographiste, distributeur. Le plus difficile est justement cette partie de promotion et de diffusion.
    On doit demander au librairie de les prendre en consigne et au bout de 3 mois s’ils sont invendus ont doit les reprendre. Mais s’il n’y a pas de publicité autour de notre livre, il est un parmi tant d’autres, les ventes sont difficiles.

  4. Menolly dit :

    Petites précisions : le dépôt légal est toujours gratuit, pour l’auteur auto-édité comme pour l’éditeur ; et les retours sont aussi pratiqués par les libraires envers les éditeurs, hélas (billet à ce sujet très bientôt).
    Sinon, pour ce qui est des inconvénients et avantages à s’auto-éditer, je vous invite à lire et commenter, si vous avez des précisions ou rectifications à apporter, ou tout simplement pour partager votre expérience, ce billet : https://metierediteur.wordpress.com/2010/11/04/lediteur-est-il-indispensable/

  5. Sylvain dit :

    Billet très intéressant.
    Mais j’aimerais savoir quelle est la différence, techniquement, entre l’impression numérique et l’offset.

  6. Menolly dit :

    En très résumé, dans l’impression numérique, il n’y a pas d’intermédiaire entre l’ordinateur et ce qui réalise l’impression. Ordinateur -> imprimante, qu’elle soit à jet d’encre, thermique ou autre.
    Dans les autres types d’impression, il y a un intermédiaire, qui s’appelle la « forme imprimante », réalisé à partir des fichiers. Et c’est ensuite cette forme qui va être utilisée pour imprimer.
    Je vous conseille l’article de wikipedia sur l’imprimerie en général, je pense que vous y trouverez votre bonheur 🙂

  7. Ping : Souscription : kézako ? | Griffe d'Encre – Le blog

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  11. Maxime dit :

    Bonjour! Merci pour cet article édifiant. En tant qu’auto éditeur, je souhaitais à la fois payer le moins cher possible tout en ayant une bonne qualité d’impression. Après quelques recherches et de vaines tentatives, j’ai trouvé un site d’impression en ligne très efficace : http://www.cpi-direct.fr/
    CPI est le leader européen de l’imprimerie, il travaille autant avec les gros éditeurs qu’avec les petits comme nous. Ils viennent de mettre en place une technologie qui permet de réduire de beaucoup les coûts de fabrication, surtout sur les petits tirages. Et tout se passe en ligne! Qu’est-ce que vous en pensez ?

  12. Menolly dit :

    Bonsoir

    Je connais bien CPI puisque nous avons imprimé l’intégralité de nos ouvrages chez eux pendant 3 ans. Nous sommes partis en 2010, ainsi qu’un certain nombre d’éditeurs qui passaient par l’impression numérique, suite à un revirement brutal de la direction concernant les délais de paiement. Mais en tant que particulier, vous ne seriez de toute façon pas concerné par ce genre de soucis.
    En ce qui concerne la qualité d’impression ou les prix, nous étions très satisfaits de leurs services.

    Je vous souhaite bonne chance dans l’aventure de l’auto-édition 🙂

  13. The Vampire Diaries dit :

    Merci!

  14. Numaprint dit :

    Article intéressant qui nous apprend plus sur l’impression numérique qui reste un savoir-faire à part entière ! Merci

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