Le Délai par l’exemple

Je vous en ai déjà parlé : dans la micro-édition, les délais sont longs. Parfois très longs.
Quoi de mieux qu’un exemple pour vous le montrer.

Le mois prochain va paraître chez Griffe d’Encre notre 5e roman, Loar.

Coïncidence amusante, Loar est le 5e roman que nous ayons reçu, en 2006 – à nos débuts.
Il est le premier roman que nous avons accepté, peu de temps après sa soumission.
Alors pourquoi en avoir déjà publié 4 autres, et surtout pourquoi autant de temps (plus de 5 ans) entre l’acceptation et la parution ?

Notre ligne éditoriale est l’imaginaire proche du réel. Imaginaire au sens SF, fantastique, fantasy, et le côté proche du réel fait que nous publions plutôt de l’anticipation ou de l’uchronie que du space opera, pour le côté SF.

Or Loar est un space opera (du genre de Fondation d’Isaac Asimov, avec de multiples planètes colonisées par les humains).

Pour tout vous avouer, nous étions bien embêtées quand nous avons lu Loar. Nous avions toutes eu un coup de coeur pour ce roman, mais il était quand même un peu hors-ligne. Enfin disons très au bord.
Pour un premier roman, ce n’était absolument pas jouable. Sans compter que la bête comptait près d’1 million de signes, ce qui allait donner un bon gros pavé de + de 600 pages.

Gloups.

Nous avons convenu entre nous que si nous publiions Loar un jour, ce serait plutôt en 4e position, une fois que notre ligne éditoriale serait bien assise, et que nous pourrions nous permettre quelques petits écarts de temps en temps. Nous prévoyions l’année 2010.

Nous avons donc annoncé à la semi-bonne nouvelle à Loïc Henry, l’auteur, en lui précisant que nous avions bien conscience de l’énormité du délai, surtout pour une maison qui débutait tout juste, et que nous ne souhaitions en aucun cas le « ligoter » pendant 4 ans. Nous acceptions donc Loar pour une publication prévue vers 2010, mais sans aucune obligation de sa part, afin de le laisser libre de trouver un autre éditeur pouvant le publier plus tôt (ou de façon plus visible).

En 2008, Loïc a pris sa tête de breton têtu et nous a dit que c’était nous et personne d’autre. Nous avons donc signé un contrat et commencé en douceur la phase de retravail.

Loar devait paraître l’an dernier, au 2e semestre, mais nous avons préféré le reporter au 1er semestre 2011. Ayant des problèmes avec notre distributeur, nous en cherchions désespérément un autre et sortir un roman de 638 pages dans ces conditions n’était pas vraiment la meilleure chose à faire.

Nous avons donc programmé la sortie de Loar pour les Imaginales 2011, fin mai, quelques mois plus tard que ce qui était prévu, et en 5e position au lieu de la 4e – car entre-temps était venu se glisser un roman traduit de l’anglais.

Attention, minute de nostalgie.

Je nous revois en 2006, un peu incrédules de prévoir déjà à si long terme, et je nous vois maintenant, avec cette sortie imminente, et j’ai du mal à croire que plus de 5 ans se sont déjà écoulés, et je sais que le 26 mai 2011 va arriver avant qu’on ait eu le temps de cligner des yeux.

L’édition, c’est long… mais qu’est-ce que ça vient vite. 🙂

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A propos Menolly

Cocréatrice des éditions Griffe d'Encre en 2006, je dirige la collection Novella, et codirige les Romans avec Magali. Je suis également gérante de la société, webmastrice du forum, du site et de la boutique, correctrice, maquettiste, et chargée de la fabrication des livres griffés. Le repassage, par contre, c'est pas mon truc.
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6 commentaires pour Le Délai par l’exemple

  1. kennel dit :

    Dans le même ordre d’idées, mon amie L.O. d’Ylle, que sa discrétion honore autant que sa modestie, m’a annoncé la sortie de son roman préhistorique « Eve Lucy, le poisson-oeil » (dont il est peu de dire qu’il se situe très nettement border line), envoyé en avril 2005, programmée pour le festival de Mouans-Sartoux, début octobre.
    Elle y explique la naissance de l’humanité, rien de moins : une scientifique extraterrestre a accepté diverses modifications de son métabolisme afin de s’hybrider à l’homo sapiens… On retrouve son journal de bord, dont les dernières pages sont à la fois confuses et très émouvantes. Graduellement, on peut y voir la perte des facultés intellectuelles de l’héroïne ; de grandes parties du récit manquent, utilisées pour allumer du feu.
    J’espère que Menolly ne m’en voudra pas d’avoir légèrement anticipé l’annonce…

  2. Menolly dit :

    Non non, je ne t’en veux pas, mais à te lire on a l’impression que ça va sortir chez Griffe d’Encre, alors je précise que non 😛
    C’est chez qui ? Le pitch est diablement intéressant 🙂

  3. kennel dit :

    Pour le moment, c’est simplement chez poulpe d’encre, chez moi, à l’état neuronal… ce n’est pas exclu que je l’écrive un jour, ceci dit.
    Bises.

  4. Dame Elodie dit :

    Je retiens surtout la persévérance et l’engagement de Griffe d’encre. Sur un coup de coeur, le projet est né d’une envie, et il a fallu trouver certaines solutions pour le faire aboutir… C’est une belle leçon du système et d’amitié entre auteur et éditeur.
    Certes le délai peut-être long, mais nous, lecteur, ne le voyons pas 😉
    J’adore « L’édition, c’est long… mais qu’est-ce que ça vient vite. 🙂 » quelques mots qui montrent que l’édition est plus une aventure humaine, l’histoire de l’écriture, et non l’écriture de l’histoire… (citation remaniée émise à propos de la tragédie cornélienne…)

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