Le Chat de chez Griffe a sa Charte, chez Sombres, les Rets sont sa griffe.

Le titre de ce billet n’a d’autre but que de se démarquer de ceux – aussi relatifs aux questions de la charte graphique – rédigés par Griffe d’Encre. Comme je n’ai pas eu l’idée la première, je dois aussi éviter de vous raconter les mêmes choses. Je compte sur vous pour me le faire remarquer dans le cas contraire… Ce qui validera l’hypothèse selon laquelle les quark-éditeurs de ce blog ne sont que d’infâmes copieurs et de grands gâtouilleurs.

À la base de cette charte, un vœu pieux que nous partageons sans nul doute avec mes comparses, celui de se créer une identité visuelle, jolie et qui se différencierait de la masse de tous les livres produits ou vendus dans notre beau pays ( pour l’originalité, c’est déjà raté… ). Autre prérequis, nous souhaitions que cette charte soit reprise et déclinée non seulement sur nos publications, mais aussi sur nos sites internet et tout autre support de communication. Concernant le site, la version n°2 de notre portail remplit enfin parfaitement cette condition.

Ainsi, j’ai coiffé une casquette de graphiste et, armée d’un crayon et d’un grand nombre de feuilles de brouillon, j’ai griffonné, façon brainstorming, des mots, des phrases,  des bouts de dessins et de schémas avec un seul nom à l’esprit : Sombres Rets et ce que ces deux mots pouvaient m’inspirer.

Bien entendu, j’avais préalablement regardé ce qui se faisait chez Pierre, Paul, Jacques… Et j’avais aussi en tête les raisons qui nous avaient fait choisir ce nom pour la maison d’édition : l’idée d’un piège, d’un filet mystérieux et un poil inquiétant…

Avoir été enchaîné à un livre, en dévorer les pages, c’est la sensation que nous partagions à la suite d’une lecture particulièrement heureuse et mémorable. Aussi, notre slogan a rapidement vu le jour : « Piégés au cœur des livres », c’est le destin que nous souhaitions réserver à nos lecteurs (oui, je sais, c’est un peu théâtral, mais après tout, certains d’entre nous ne sont pas des gens de spectacle pour rien !)

Rejeton des contrées d’OutreMonde (portail de création autour de l’Imaginaire où certains de l’équipe se sont rencontrés), Sombres Rets se devait à Internet, à ce merveilleux outil qui rassemble les idées et les hommes (le Net nous permet de garder contact et de travailler avec « notre actif » vivant en Corée du Sud). C’est donc ainsi aussi que la maison a trouvé ses armoiries.

Sur ma feuille de brouillon, j’arrivais donc à la conclusion que le visuel de Sombres Rets reposerait sur l’idée d’un filet, de quelque chose qui embrasse et emprisonne, mais qui ferait aussi un clin d’œil au web sous la forme d’une toile.

J’en ai dessiné, des toiles d’araignées et des filets ! Des tas et des tas, je souhaitais que le logo de Sombres Rets soit au centre de la toile et que ses ramifications courent sur la totalité de la couverture,  me délimitant des zones de texte.

Ma première idée était qu’on verrait la toile de haut, ça donnait quelque chose comme ça (vous avez de la chance que je n’ai pas mis ces horreurs à la poubelle et qu’en bonne Marseillaise, je crains degun, même pas le ridicule) :

C’était vraiment pas beau…

Alors j’ai changé de point de vue, j’ai ajouté une dimension et mon tracé rectiligne s’est infléchi pour donner de la souplesse et de l’élégance à cette toile, à ces rets qui se devaient de piéger autant que d’enlacer le lecteur.

Là encore, j’ai cherché un moment avant de trouver les bons arrondis, le bon relief à l’ensemble.

L’idée d’une illustration courant sur toute la couverture faisait partie de nos autres prérequis. Nous avions envie de nous figurer le livre comme un coffret, comme un écrin avec son couvercle de la même matière que son dessous. Ainsi les arabesques de la toile devaient, en créant des zones de texte, souligner les informations importantes du support : titre, nom d’auteur, etc., et jouer le rôle de cordes de rappel entre le premier de couverture, le dos et le quatrième. Et finalement pour souligner encore davantage ces zones, j’ai ajouté des « pleins » colorés et semi-transparents qui fondent, marient les éléments graphiques de la maquette à l’illustration dessous.

J’ai créé les tracés sous un logiciel de DAO (dessin assisté par ordinateur), détouré, vectorisé (un dessin vectorisé est modifiable pour s’adapter au changement de taille), ce qui ne m’a pas empêchée d’avoir à retravailler mes tracés, mes sombres rets, lorsque nous avons changé d’imprimeur, de format, de type d’ouvrage (roman versus anthologie) et pour m’adapter aux illustrations aussi. Rajoutant ou ôtant ces morceaux graphiques que j’ai fini par appeler des encoches.

Concernant la maquette intérieure de nos livres, nous avons fait sobre et classique, numéro de page centré en pied, nom d’auteur et titre dans les entêtes des pages pairs, impairs en alternance. Les polices utilisées appartiennent toutes au domaine public, sont sous licence GPL, ou sont linuxiennes. Elles changent d’une collection à l’autre, en ce qui concerne le corps du texte.

Logo, encoches, rets se retrouvent donc sur nos livres,  sur nos prospectus. Sur le site et le catalogue en pages animées, les rets se sont étrangement déliés et flottent prêts à  fuser tels des tentacules cthulhuiens. Enfin,  sur le forum, un petit arachnide sert d’icône, elle s’appelle Rétine, elle a l’œil à tout, c’est pas vraiment une mascotte, elle a élu domicile dans un coin du plafond comme pour nous rappeler qu’il ne faut pas trop se prendre au sérieux et qu’on est bien un peu siphonnés de faire de l’édition…

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A propos Sombres Rets

Maison d'édition associative et généraliste. Littérature de genre, art et poésie. Quatre collections de beaux livres qui vous piègent à chaque page.
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6 commentaires pour Le Chat de chez Griffe a sa Charte, chez Sombres, les Rets sont sa griffe.

  1. Oph dit :

    En ce qui me concerne, un autre élément fort d’identification de Sombres Rets, c’est la police choisie pour les titres et le nom des auteurs. J’ai beau savoir que ce n’est pas vous qui l’avez créée (et pour cause, ça fait un bail que je l’ai installée sur mon PC), elle a un look très reconnaissable, à la fois lisible et pas courant, bref, bien spécifique.

    D’où un léger vertige quand j’ai eu entre les mains Les Pilleurs d’Âmes de Laurent Whale (que je salue au passage) chez Ad Astra (que je salue tout aussi bas)… qui utilise pile-poil la même police.
    Heureusement, pour le coup, que le reste de leur maquette n’a rien à voir.

  2. Argemmios dit :

    C’est d’ailleurs la police utilisée pour le logo Argemmios depuis début 2009 (lorsqu’on s’est rendu compte que la première police choisie se lisait difficilement et n’était pas libre de droits pour une exploitation commerciale). Comme quoi cette police (Black Chancery) tape vraiment dans l’oeil des éditeurs de l’Imaginaire 😉

  3. je suis un peu fatigué alors je n’ai pas tout compris, mais je reviens bientot avec l’esprit frais (c’est à dire sans plusieurs heures de remise en page de mon livre sur Word…)

  4. Tohril dit :

    L’article est vraiment très intéressant !

    J’aime beaucoup le visuel de Sombres Rets, d’ailleurs j’en profite pour saluer, une nouvelle fois, la brillante métamorphose du site !

    L’idée d’une illustration courant sur toute la couverture est très bonne, ça dynamisme le livre selon moi, on quitte cette impression de cadre figé que l’on retrouve dans la plupart des couvertures.

    « l’idée d’un filet, de quelque chose qui embrasse et emprisonne, mais qui ferait aussi un clin d’œil au web sous la forme d’une toile. » : j’aime beaucoup le concept ! Je pense d’ailleurs moi-même avoir été piégé par certains livres, certaines histoires dans le sens où il m’est impossible de ne pas continuer la lecture.

    « Rétine, elle a l’œil à tout » : j’adore cette mascotte ! Son nom est très bien trouvé = )

  5. Sombres Rets dit :

    Merci à tous, on est contents que notre charte graphique vous plaise.
    En effet quand on a créé Sombres Rets début 2008, black chancery nous a tapé dans l’oeil… et depuis on dirait qu’elle a fait des émules chez nos copains de l’Imaginaire. Sûrement parce qu’il y a peu de police libre de droit d’une telle qualité.

  6. Isa dit :

    J’aime beaucoup aussi l’idée des livres qui emprisonnent les lecteurs. À cet égard, je trouve que celui de Mystères et Mauvais Genre donne vraiment une ambiance qui va bien avec l’idée.

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